Les Grenouilles de Salem


Les Grenouilles de Salem

Cette fois, Symbiose a décidé de vous raconter une « histoire de grenouilles » et vous emmène dans l'univers de 5 musiciens. Deux d'entre eux, Sophie et Pascal, nous ont invités dans leur jolie tanière et autour d'un café, généreusement et simplement, nous ont raconté leurs histoires tissées de petits malheurs et de grands bonheurs. Comme le décrivent très bien eux-mêmes ces artistes, « dans leur dernier album, "Papillons", ce groupe folk-rock comtois vous invite à découvrir, au fil de musiques tour à tour rythmées et balancées, des mélodies ciselées autour de textes vifs et touchants. Nos palpitations, nos petits travers, nos folies, nos douleurs aussi, c'est la vie et toutes ses couleurs qui nourrissent leurs personnages étonnants et leur univers poétique. Quant à la scène, la belle amitié qui soude le groupe insuffle une ambiance festive et pleine d'émotions, partagée sans compter avec le public. »

Connaissez-vous les Grenouilles de Salem ? Oui ? Oubliez tout ce que vous savez. Non ? Posez-vous et lisez. Bon voyage artistique dans leur mare musicale.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Nous sommes un groupe de 5 amis qui existe depuis fin 1997. Nous sommes de Franc-Comtois. Nous avons cherché notre style en changeant pas mal, puis nous l'avons trouvé depuis la sortie de notre album précédent « Dans mon camion ». Nous jouons du folk-rock français depuis plus de dix ans.

Pourquoi « les Grenouilles de Salem » ?

Nous voulions un nom français d’abord, puisque nos textes sont en français. Depuis le temps, on ne se rappelle plus trop le pourquoi de ce nom, mais comme on nous le demande de plus en plus, en réponse, on sortira une chanson expliquant pourquoi pour la fin de nos prochains concerts. Donc mystère ! (rires). Si vous voulez avoir la réponse, il faudra venir nous voir.

Quelles sont vos influences, vos inspirations ?

Côté influences, Sophie et Nat aiment bien les textes en français, Yann Tiersen, ... ; Yohann apprécie la pop et les Rolling Stones ; quant à Christophe et Pascal, ils aiment le blues-rock. Au niveau des inspirations, les textes sont écrits par Sophie. Elle s’inspire de choses concrètes sur la vie courante, des drames, des petits bonheurs ou petits malheurs qu’on rencontre dans nos vies. Ce qui nous touche dans notre vie quotidienne.

Quelles sont vos influences, vos inspirations ?

Cet album est sorti en juin. Il est composé de 8 titres. Nous l’aimons particulièrement, car, par rapport à l’album précédent où on n’avait pas de bassiste, on a libéré une énergie plus rock, qui nous avait manqué. On l’a fait tout seul, à la maison, enregistré nous-même, fait les photos, le mixage, ... Même le graphisme est fait maison. Tous les textes sauf un, plus les musiques sont de nous. Donc cet album nous ressemble vraiment. Nous avons souhaité un enregistrement simple, de façon à ce que les gens retrouvent le même son qu’en live. Les inspirations des titres sont les mêmes que la question précédente. Nous avons veillé à ce que les chansons ne soient pas répétitives. Les textes peuvent ne pas paraître gais, mais ils sont traités avec poésie et parfois avec humour, pouvant être grinçant, ce qui fait qu’au final, ils ne sont pas lourds. Certains titres, grâce à la poésie, à l’humour et habillés de musique, ont un ton, une énergie plus revendicateur ou léger suivant les thèmes. Nous essayons de créer une ambiance différente pour chaque morceau (rythmique, arrangements, ...). Les thèmes abordés sont variés, comme le syndrome de l’enfermement après un AVC avec « de bois et d’os », ou les réseaux sociaux avec « Du plomb dans la cervelle ». Son titre, « Papillons », est une référence au livre « le scaphandre et le papillon » en hommage à notre ancien sonorisateur. L’album n’est a priori pas forcément gai, mais comme disait Gainsbourg : « quand tout va mal dans la vie, on écrit sur ce qui va bien, et quand tout va bien dans la vie, on écrit sur ce qui va mal ». Et pour nous, tout va bien dans nos vies. Certains textes sont écrits de façon légère, comme pour le thème de la surconsommation avec « Beau et mien », mais sans être donneurs de leçons. Nous abordons aussi le thème du couple qui s’affadit, ou la perte d’une personne de façon brutale avec « Voilà » ou de façon plus apaisée avec l’espoir de se retrouver comme dans « Gens de la lune ». « La fée » est plus humoristique et imagé. Ce titre est métaphorique et traite d’une vision de la jalousie avec une fée jalouse à l’intérieur du corps de son amoureux.

Vers quel monde idéal nous emmènent ces papillons ?

Vers un monde où les gens se parlent vraiment, où on voit les choses simples, belles autour de soi, en ayant en arrière-pensée, que ce n’est parce-qu’on est là, que ce sera toujours le cas demain. Savoir profiter des petits bonheurs, comme se lever le matin en profitant d’un rayon de soleil à travers les arbres. Prendre le temps et savourer de vraies rencontres, les relations humaines. « Carpe diem », comme on dit. Être là pour les gens qui comptent, comme ils seraient présents pour nous. Profiter des choses simples et voir le côté positif dans chacune d’elle, même en automne.Voici le monde où nous emmèneraient ces papillons.

1 titre-1 histoire. Pouvez-vous nous raconter la genèse et la signification d’un titre de votre choix ?

Nous choisissons « De bois et d’os ». C’est pour nous, le morceau symbolique de l’album. Nous l’avons dédié à notre ancien sonorisateur, qui est également un ami. Il a fait un AVC et a été victime d’un locked-in syndrome (ou syndrome d’enfermement). Il était conscient, mais son corps ne répondait plus. Il était comme enfermé dans ce corps, qui ne pouvait plus bouger, comme dans une prison. En écrivant ce titre, j’ai imaginé la frustration, ce qu’on pouvait avoir envie de dire à ce corps qui ne réagit plus. Je l’ai écrit comme une lettre. « J’t’ai pourtant rien fait J’ai jamais fumé ».

Pouvez-vous nous présenter les membres du groupe ?

Oui, bien-sûr. Alors, on va commencer par les dames : Sophie = à l’écriture des textes, au chant lead. Elle est présente depuis les débuts du groupe et a commencé comme choriste. Elle est à l’initiative des idées musicales de base et est multi-instrumentistes (piano, guitare, accordéon baby, harmonica, ...) Nat = à la basse et aux chœurs. Avec Sophie, ce sont nos « Drôles de Dames » (rires). C’est une musicienne née, mais elle ne le savait pas. Elle a été notre manager, l’épaule sur laquelle nous nous consolions. Elle est avec nous depuis des années, puis, un jour, elle a décidé d’apprendre la basse pour nous rejoindre sur scène, il y a 5 ans. C’est une fille qu’on adore. Yohann = à la guitare rythmique et aux chœurs. Il est avec nous depuis 2001. C’est « le kangourou » du groupe. Il saute partout et apporte ses idées musicales. C’est l’élément déchaîné du groupe. Pascal = à la guitare soliste. Il est là depuis les origines préhistoriques du groupe (rires). Il décore toutes nos musiques. Il les habille de détails, qui apportent de la beauté aux morceaux, mais il amène aussi la lame de fond énergique, sur les refrains par exemple. Toph = à la batterie. Il possède une batterie atypique composée sur mesure. C’est une batterie cajun, mais pas standard. Elle est aménagée pour apporter un peu plus de finesse. Détestant les réglages, sa batterie a une caisse en bois, qui colle très bien avec notre musique. Il est présent depuis le début. C’est un peu le point de rassemblement du groupe, car on répète chez ses parents depuis nos débuts. Il est notre point d’ancrage. Grâce à tout ce petit monde, à ces univers complémentaires, nous obtenons des sons authentiques, naturels, sans effet. Nous avons besoin de ressentir nos instruments. C’est ce qui fait le côté folk des « Grenouilles de Salem ».

Pourquoi tu me fais ça ?

« Bouge » J’avais envie de donner à Carl, notre ami, la possibilité de s’exprimer, car il ne pouvait plus parler. Ça nous tenait à cœur de faire ce morceau pour lui et de lui dédier, car c’est le premier album qu’on fait sans lui. Avant, on enregistrait chez lui et il nous sonorisait. Il y a eu aussi comme une sorte de lien, car Nat n’a jamais enregistré chez Carl et Carl n’était pas présent chez Nat lorsque nous avons enregistré.

Je vous prête la DeLorean de « Retour vers le futur » pour voyager dans le passé ou l’avenir. Quel moment artistique souhaiteriez-vous vivre ou revivre ?

Nous n’avons pas forcément envie de revivre un moment du passé, car ils sont devenus de bons souvenirs. Ou alors, pas pour le revivre, mais le voir différemment, avec un autre point de vue. Cette question est assez abstraite pour nous, car on aime bien le présent. Nous ne souhaitons pas non plus connaitre l’avenir. Si nous devions choisir, nous retournerions voir nos premiers concerts, en tant que spectateurs. Et peut-être se dire qu’on n’avait pas peur à l’époque (rires). Nous avons bien quelques images de nos premières scènes, ais sur VHS (rires). Ça pourrait être rigolo. On serait peut-être consternés ou alors mégalos et fiers de nous (qu’est-ce-qu’on était bons !)(rires)

Quels sont vos projets artistiques à venir ?

Nous avons prévu de faire une captation son et vidéo afin d’avoir des clips live dans le même lieu que les photos de l’album, courant novembre. Ces clips se feraient sur « Beau et mien », une chanson de notre dernier album, et sur « Léon », un titre inédit radio qu’on gardera pour plus tard. Nous aurons également quelques jolies dates, sur Besançon entre autres, dont un festival original « Faites moins de bruit ». Ce festival possède la particularité de ne pas avoir de sonorisation, pour un son live acoustique, sans interface, sans artifice entre nous et le public. Nous allons également refaire notre site web. Notre agenda est bien rempli, sachant que nous avons tous un travail à côté, dans la musique ou non.

L’éditeur d’un dictionnaire vous offre de mettre votre définition de la musique dans son encyclopédie. Quelle définition lui donneriez-vous ?

Pascal = une drogue émotionnelle Sophie = c’est de la poésie du quotidien et un moyen de se rassembler, un vecteur d’émotion. Du coup, je trouve qu’on se complète bien avec Pascal (rires). Les musiciens doivent être capables de fournir et le public en capacité de recevoir. Ça nous permet d’aider les gens à sortir leurs émotions. Combien de fois on est venu nous dire que les gens se reconnaissaient dans nos chansons.

Quelle chanson auriez-vous aimé écrire et interpréter ? Pourquoi ?

Oh. Y’en a tellement C’est difficile. Pascal = ce serait pour moi une chanson de Dominique A, « l’horizon », une histoire d’orage. Elle évoque la peur du grand large. Elle fait voyager, partir loin. Sophie = pour moi, c’est « de tes rêves à mes rêves » de Linda Lemay, entre autres, car il y en a beaucoup d’autres. Cette chanson est écrite de façon tellement sincère. Elle y parle de sa vie, d’elle. Linda Lemay est très touchante. Ce titre est musicalement tout en progression tout au long, et elle finit en apothéose. Ces deux titres parlent de choses simples. Mais il en existe beaucoup d’autres, comme «le tourbillon de la vie » de Jeanne Moreau.

Quel serait le mot de la fin des « Grenouilles » pour nos lecteurs ?

Nous espérons avoir éveillé la curiosité des lecteurs de Symbiose. Nous vous attendons lors de nos prochains concerts, si vous passez en Franche-Comté et nous vous donnons rendez-vous sur scène ou sur les réseaux sociaux. Venez partager l'amour qu'on a des mots et des arrangements authentiques et simples. Nous vous invitons, afin de suivre l'actualité de ce groupe talentueux, passionné et généreux, à aller découvrir leur site internet, en cours de relooking, ainsi que leurs réseaux sociaux. Le mieux, pour ressentir toute leur émotion et poésie habillée de folk-rock et de les découvrir en live, mais n'hésitez pas à aller regarder leurs vidéos, vous ne serez pas déçus. Lien pour suivre l'actualité des Grenouilles de Salem :

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