DUMBA KULTUR


DUMBA KULTUR

« Dumba Kultur se veut très citoyens du monde dans sa musique »

En cet automne musical, Symbiose a décidé de vous emmener en voyage. Un voyage artistique, musical et humain au pays de la générosité de l'âme et de l'émotion dépaysante et sincère. Nous avons rencontré Alkabore et Sini, le prince et le chasseur. Ils ont eu la gentillesse de nous conter leur histoire, de partager la richesse de leur univers et de parler de leur actualité.

Comme ils l'écrivent si bien dans leur présentation, « En d’autres temps, Alkabore Tega Wende n’aurait même pas eu le droit de chanter, son statut de prince burkinabé étant, par tradition, incompatible avec une si « triviale » activité. Toutefois sa mère déjà donnait de la voix lors des cérémonies de baptême, et la musique, on le sait adoucit même le Rituel.Quant à Sini Moulaye, son appartenance à la caste ivoirienne des Dozo le destinait à devenir chasseur, expert en médecine par les plantes et conteur attitré de l’arbre à palabres. C’était sans compter le djembé, au son duquel il commença de danser à l’âge du lionceau.Le premier affiche un sourire émerveillé, cinglant comme un coup de slam et sorti dans un buisson de dreadlocks qui témoigne d’une joyeuse allégeance au reggae. Le second avec sa voix cassée, prend aux tripes. Ces deux-là se sont reconnus tout de suite : le prince et le chasseur ont découvert le plaisir de jouer ensemble, ils se sont entourés de musiciens qui, comme eux, avaient su garder les oreilles grand ouvertes, et ils ont créé DUMBA KULTUR ».

Qui est Dumba Kultur en quelques mots ?

Nous sommes un groupe musical burkinabé né dans les années 90 en Côte d'Ivoire. Nous chantons depuis longtemps et avons sorti notre 6ème album. On vient de très loin et nous sommes passionnés de musique. Celle-ci est une exploration de soi, de tout le monde, de la vie, … C'est une aventure qui nous porte en tant qu'amis et musicien. Notre but est de partager notre vision d'une justice musicale. On se veut très « citoyens du monde » dans notre musique. Du reste, notre nom, « Dumba Kultur », est en pleine cohérence avec notre univers et notre musique, puisque « Dumba » signifie « Grand tambour ». Ce tambour est un instrument qui a un grand sens en Afrique pour la « résonance » de la Terre. La terre est une musique. L'Afrique, pour nous, c'est le rythme. Le tambour est un instrument pour communiquer, pour rassembler chez nous. « Kultur » signifie la culture humaine. La musique pend racine dans toutes les cultures.

Pouvez-vous définir votre univers en 5 mots ou expressions ?

Libre

Partage

Attrayante

Fraternité

Chaleureuse

Comme dans votre single « Révolution Time », quel type de révolution prônez-vous ?

On ne se veut pas être les « faiseurs du monde », mais nous souhaitons mettre ou remettre l'Homme au centre. On souhaite un monde libre, où les gens voyagent librement, vivent libres. Nous pensons que « l'Homme au centre des choses » est trop souvent oublié. On est trop dans le « faire consommer », « faire la guerre », … En tant qu'artiste, nous estimons qu'on se doit de « refaire le monde », à notre humble niveau bien-sûr et surtout en proposant de la bonne musique qui transportera nos messages. Nous désirons repenser notre façon de voir le monde, en réinterrogeant, en regardant nos ancêtres, qui étaient colons avant nous, leur passé. Il existe d'abord « des Humains », mais aussi d'autres êtres vivants sur notre terre. Il faut apprendre ou réapprendre à vivre ensemble, se respecter, trouver une harmonie de vie, … C'est très important pour nous. C'est, à nos yeux, « l'Héritage de nos ancêtres ». En Afrique, nous cohabitons avec tout le monde. Nous voulons nous éveiller. L'Afrique prend conscience et se réveille. Cette « révolution » doit être écologique. D'ailleurs nous envoyons une petite dédicace à Greta (NDLR « Thunberg »), cette jeune fille très aimante, qui aime la Terre et que nous soutenons dans son action, son message.

A quoi ressemblerait le drapeau, l'emblème ou l'hymne de cette révolution ?

Nous ne souhaitons pas de drapeau, pas d'hymne. Ou alors, ce serait juste « s'aimer, rester tranquille ». S'il fallait un drapeau, il symboliserait l'Amour, entre les humains et la planète, entre les humains et les animaux, …

Je vous propose de mettre votre propre définition du mot « musique » dans un dictionnaire. Quelle serait-elle ?

Pour nous, la musique vient de l'âme, c'est de la respiration, de l'écoute. Nous sommes « l'encre du monde ». En tant qu'artistes, nous concevons, nous vivons la musique. La musique, c'est vous, c'est nous, c'est tout le monde. Elle est vraie, elle ne ment pas. La musique est indéfinissable, elle est comme elle vient. Elle est un lien, un pont, un partage, … On ne doit pas penser différemment des autres artistes à notre avis.

Parlez-nous de la langue mandingue, que vous utilisez dans certains titres. Pourquoi ce choix ?

La langue « mandingue » est parlée en Afrique de l'Ouest (Sénégal, Gambie, …). Elle est parlée par des millions de personnes. Il y a un empire mandingue. Nous chantons aussi en mooré, qui est la langue principale du Burkina Fasso. Le mandingue est une langue très riche, très belle. Elle vibre, fait ressentir une force, une émotion, quand on la comprend. Elle fait prendre de la hauteur. Nous faisons partie également de la francophonie, donc nous restons ouverts et désirons chanter dans d'autres langues, toutes aussi riches à nos yeux. Le mandingue est bien une langue pour nous, et non pas un dialecte. Par notre musique, nous veillons à élever le niveau de la transmission, de la mélodie, pour faire de nos textes des messages porteurs. Nous faisons souvent des recherches. Nous aimons également chanter en français. Nous souhaitons participer, à notre niveau, à un monde meilleur.

Quels sont vos projets musicaux à venir ?

Nous voulons d'abord finir, finaliser notre album. Nous avons le projet de monter une association culturelle et artistique avec une vision solidaire, afin de produire et d'accompagner d'autres artistes dans tous les styles, tous les domaines, car nous sommes très ouverts. Cette association serait également composée d'une plate-forme pour les mettre en avant. Notre objectif serait d'être auto-indépendant (du studio à la production) et pourquoi pas de nous lancer dans la production avec notre label. Nous avons également plusieurs featurings prévus avec des artistes français, africains, américains, … C'est la première fois que nous venons en France. Nous sommes en phase organisationnelle, on veut prendre le temps de découvrir, de faire de belles rencontres. Nous continuons à travailler aussi sur notre projet d'EP, « Black Light ». Nous en dévoilons quelques titres sur Youtube, dont le second intitulé « Corruption »

Vous chantez avec des musiciens de différents continents. A quoi ressemblerait le concert idéal de Dumba Kultur ?

Pour nous, le public est idéal partout. Nous chanterons là où il y a de l'Amour. Nous serons à chaque fois partants. Pour un concert idéal, nous aimerions pourquoi pas faire la première partie d'un artiste professionnel en France, au Zénith par exemple. Avec notre maturité acquise, nous nous sentons prêts à continuer à évoluer, à chanter, à être les maçons de notre musique, … C'est « No Limit ». Nos messages sont vrais. Pour un concert idéal, plus utopiste, nous aimerions faire un concert avec d'autres artistes au sein de la forêt amazonienne, pour les arbres (rires), afin de véhiculer nos messages de sauvegarde. Ou alors pour quoi pas un concert vers la Statue de la liberté.

Je vous propose un petit jeu sous forme de portrait chinois pour découvrir votre univers sous un angle différent et plus ludique.

Si Dumba Kultur était un paysage, ce serait la grande forêt Si Dumba Kultur était un animal, ce serait le papillon Si Dumba Kultur était une ville, ce serait Paris la « Ville Lumière » Si Dumba Kultur était une citation ou un proverbe : nous en avons deux = « L'enfant sait courir, mais ne sait pas se cacher. » ou alors « Un bout de bois a beau séjourner dans l'eau, il ne deviendra jamais un caïman. » proverbe repris par un écrivain sénégalais que nous aimons bien, Ousmane Sambene. Si Dumba Kultur était un film, ce serait un film burkinabé d'Idrissa Ouédraogo, « Yaaba » (qui veut dire Grand-mère).

Je vous donne le mot de la fin pour vous adresser à nos lecteurs.

Nous remercions Symbiose. C'est la première fois que nous sommes interviewés par la presse française. Nous sommes fiers. Nous sommes un groupe africain et nous aimons les gens. Nous souhaitons faire notre musique(rock, hip hop, ...), continuer à apprendre comme tout le monde, rencontrer, partager, … Merci également à tous les lecteurs. Nous vous disons à bientôt. Restez connectés, car des choses vont arriver. Nous vous donnons rendez-vous sur notre site ou sur scène. Merci à Symbiose et son équipe. Suivez-nous sur Youtube, les réseaux sociaux, … Restez connectés. Vive la musique !

Nous avons été honorés, dans Symbiose, de vous présenter ce duo généreux et talentueux. Dans « Dumba Kultur », vous entendez « Dumba », qui veut dire « la grande profondeur » en langue malinké. Grande profondeur des courants qui ont baigné leurs rivages, y déposant à la diable des planctons de rap et de soul, de rythm’n blues et d’afro-beat. Grande profondeur de l’enracinement africain, scandé par les rythmes mossi, par les cordes pincés du n’goni et de la kora, par les résonances subtiles de la calebasse et du djembé. Grande profondeur d’une musique à la fois tonique et pacifiée, entêtante et légère, généreuse et métissée. Nous espérons que ce voyage vous a plu et vous souhaitons un bon atterrissage ou un bon prolongement en allant les découvrir sur internet ou en live. Pour découvrir ou redécouvrir Dumba Kultur :

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