THOMAS MAINARDI


"Mes inspirations, elles viennent de la nature, la poésie picturale, les inspirations ésotériques, ..."

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs en quelques mots ?

Je suis un artiste professionnel de Lille depuis presque 11 ans. Je me suis lancé très jeune dans ce métier et c'est rare de pouvoir en vivre si tôt. Il m'a fallu beaucoup de travail et d'acharnement pour en vivre. C'est un métier qui me convient, car je possède un caractère libre et indépendant. J'étais directeur artistique dans une agence de pub à Paris, mais je n'étais pas heureux et j'ai tout lâché. J'avais créé par la suite ma propre agence de pub avec deux associés en restant pour ma part du coté créatif en janvier 2009. J'ai jonglé avec mon boulot dans la pub et ma carrière artistique en parallèle durant plusieurs années, mais au bout de 9 mois, j'ai arrêté l'agence car je n'avais plus la même vision que mes associés. La même semaine, je faisais ma première exposition à Montmartre. Je ne suis pas issu d'une famille d'artistes et je ne possédais pas forcément les contacts, mais j'y ai cru et je me suis lancé. J'ai fait un book de mes peintures au bout d'une dizaine de toiles et depuis cette première exposition, je n'ai jamais arrêté. D'abord en France, puis environ un an après, à l'international (New-York). J'avais toujours pratiqué différentes disciplines artistiques depuis tout petit (dessin, BD, modélisme, peinture sur figurines très fines, ...). J'ai gagné le Golden Démon à Paris à l'âge de 16 ans. J'ai également fait du graffiti artistique. J'ai appréhendé la bombe jusqu'à mes 18 ans, puis j'ai arrêté. Mais ça m'a permis de me familiariser avec l'aérosol. Il y a eu la période des études supérieures où je n'ai pas peint. J'ai repris après en peignant sur des toiles, en expérimentant, en recherchant. Un fil rouge est alors apparu au travers de mes toiles, que j'ai pu approfondir. Je suis entièrement autodidacte et j'apprends toujours, malgré ce fil rouge qui continue à exister.

Quelles sont vos influences artistiques, vos inspirations ?

Mes influences viennent d'artistes comme Mark Rothko et son expressionnisme abstrait ou Salvador Dali avec lequel j'ai un lien particulier dont je parlerai après , Gustav Klimt, Alphonse Mucha, ... Je m'inspire également d'artistes plus contemporains, tel Inti en art urbain, qui travaille sur les paradoxes comme moi. Il est très critique et poétique à la fois. Quant à mes inspirations, elles viennent de la nature, la poésie picturale, les inspirations ésotériques, des codes qui varient et des inspirations théologiques (l'Histoire, les langues avec des apparitions d'écritures anciennes comme "Notre Père" en araméen écrit en feuilles d'or sur une de mes toiles). J'aime m'inspirer de différentes cultures : Europe, Asie, Afrique, Maghreb, ... J'allie la compléxité, le renouvellement, la recherche, la poésie, ... avec des codes qui reviennent (couronnes, auréoles, crânes, vie/mort, ...)

Si vous deviez peindre votre univers comme un tableau,

quel nom lui donneriez-vous ?

Ce serait une jeune femme belle et féminine, une vision éphémère de l'existence, un questionnement omniprésent (vie/mort, jeunesse/beauté qui se flétrit, ...) qui m'obsède dans mon travail. Derrière cette femme, je ferais intervenir un animal (oiseau/plume), une intervention théologique comme des lauriers autour d'elle. J'utiliserais des couleurs assez vives comme habituellement dans mon travail (système principal à 3 couleurs ou dominante chromatique, tel le vert-bleu-jaune). Il pourrait y avoir un serpent enroulé autour du bras, comme un bijou et un origami de grue symbolisant la paix dans la culture niponne. Je peindrais tout ça sur une toile de lin.

Parlez-nous d'une manifestation ou exposition,

que vous avez vécu ces derniers temps ?

Je vous parlerai d'une exposition en Sicile. Une exposition au sein du MUSEO LA CONTEA DEL CARAVAGGIO : "CONTEMPORARY IN THE COUNTY" Via Rimini 1 - San Giovanni la Punta 95037 (CATANIA) - SICILIA – ITALIA Mostra collettiva di Maestri Internazionali. Elle a débuté le 4 mai et se déroule jusqu'au 28 septembre 2019. Le vernissage a eu lieu le 11 mai 2019. Cette exposition a été l'occasion de belles rencontres artistiques bien-sûr, mais aussi humaines avec des passionnés de l'art.

Vous avez l'habitude d'exposer à travers le monde. Avez-vous quelques expériences, qui vous ont marqué artistiquement et humainement ?

J'ai eu comme beaucoup des expériences, qui m'ont marqué positivement et d'autres négativement. Humainement, j'ai vécu des mésaventures pénibles et compliquées avec des profiteurs et des escrocs, comme des vols de tableaux, que j'ai pu récupérer après un long combat judiciaire et humain en 2010. Par contre, j'ai eu la chance et l'honneur de rencontrer certains galeristes, qui sont devenus des amis et d'autres avec lesquels je travaille en toute confiance. Artistiquement, j'ai toujours baigné grâce à mes parents dans l'univers de Dali. J'ai eu l'honneur d'exposer au milieu de nombreuses toiles et sculptures du maître. J'ai pu exposer aussi dans 5 musées en Chine lors d'une exposition itinérante. Ce fut une expérience honorifique avec une expo au Sénat de pékin et une autre au Tibet. J'ai vécu également une belle exposition à New-York.

Le génie de l'art vous offre un pinceau, afin de peindre votre paysage ou monde idéal. A quoi ressemblerait-il ?

Ce tableau essaierait de créer une harmonie parfaite entre tous les êtres humains, puis entre les humains et l'environnement. Il serait axé sur l'amour et la paix. Je peindrais un monde où tous nos mauvais penchants humains (colère, guerre, ...) seraient bannis.

Que représente votre logo sur votre nom ?

Ce logo représente un origami de grue, qui, dans la culture nipponne, symbolise la paix. Ce qui rejoint mon propos plus haut sur un monde de paix. Elle réapparaît très souvent dans mes tableaux.

Un tableau, une histoire. Je vous laisse choisir un tableau, que vous avez peint et nous en raconter la genèse et la signification. Lequel choisissez-vous de décrire ?

Il m'est difficile de choisir, mais je vous parlerai du tableau que j'ai exposé au musée Dali à Paris. Son nom, "Dali fait le mur" du 11 septembre 2014 au 15 mars 2015.

Une vingtaine d'artistes urbains avaient ainsi relevé le défi. En dialogue avec les œuvres exposées à l'Espace Dalí, chacun d'eux avait créé une œuvre qui osait confronter l'univers surréaliste au vocabulaire et aux codes de l'art urbain : peinture, pochoir, dessin, lumière, son, installation.

Ce tableau intitulé "la Métaphysique de l'Apocalypse" est donc une commande réalisée pour le Musée Espace Salvador Dali de Paris en 2014

Tout d'abord, sur le plan technique : technique mixte, acrylique, peinture aérosol, pastels secs, pastels gras, pigments, Posca et feuilles d'or sur toile - 195x130 cm. Puis sur le plan artistique, voici une analyse symbolique : cette œuvre est une fresque contemporaine représentant la croisée du début et de la fin des temps (Alpha et Oméga), symbolisée par la lumière face aux ténèbres (Soleil et Croissant de Lune). Le thème est ancien mais sera toujours d'actualité, car questionnant notre raison d'être et notre spiritualité. L'artiste se réapproprie certains codes fréquemment utilisés par Dali lui-même en son temps en les représentant de manière singulière, dans un objectif personnel : Une réflexion analytique et métaphysique qui se positionne finalement en hypothèse engagée sur le sort prochain de l'Homme.

Celui qu'il se réserve lui-même par son comportement hégémonique sur Terre, essayant de soumettre la Nature et celui qu'il lui sera réservé, le jour du Jugement Dernier par l'Être Suprême. L'utilisation de l'image sacrée du Christ descendu de Croix suite à son sacrifice, n'en est pas néanmoins dépourvue de l'aura d'un Christ presque Pantocrator, son auréole étant ici symbolisée par une horloge, comme un rappel de son éternité. Elle indique 15 heures, heure de la mort de Jésus avant sa résurrection selon la plupart des théories sur le sujet. Il tient dans une main un as de cœur, sur laquelle le pictogramme n'est autre que le Sacré Cœur, symbole de son sacrifice pour l'humanité. Dans l'autre main il porte la balance, symbole immuable de justice sur Terre.

Des poissons lévitent autour de lui en dansant, comme pour créer un cocon protecteur qui symbolise la communauté des croyants comme étant des "pécheurs d'hommes" ; le poisson étant l'un des grands symboles bibliques.

À côté du Christ se trouve un Tigre blanc portant un hibiscus dans la gueule, ensemble symbolisant explicitement l'osmose écosystémique naturelle entre la faune et la flore depuis la nuit des temps. Le félin trône fièrement le museau relevé. Il est symbole de royauté, de délicatesse et de sagesse, dominant l'homme arrogant et vaniteux, qui est lui réduit à un simple crâne tristement ridicule, posé à même le sol.

De lui s'élèvent vers les Cieux, les origamis de la grue, que l'artiste utilise souvent dans son travail, qui symbolise dans la culture japonaise “la Paix”. Leur utilisation réaffirme le besoin de Thomas Mainardi de s'approprier les codes de différentes cultures, comme pour leur rendre hommage mais aussi pour exprimer sa curiosité, source de toute création. Au milieu de l’œuvre, se fondant dans le vert émeraude de la toile, apparaît suspendu un cube portant le symbole inflammable. Il est ici comme une bombe à retardement qui s'insinue de manière furtive, mais inéluctable.

La Metaphysique de l'Apocalypse

Musée Dali Paris

La Paix (origami) des croyants (poissons) passe par lui, comme pour boucler une boucle, achever un cycle logique. Il est en fait l'Apocalypse, tombant de Dieu sur la Terre, minimalisée jusqu'à son “essence” même : la Destruction future de toutes choses par le feu. Vous pourrez découvrir le visuel de ce tableau à la suite de cet interview. J'ai peint ce tableau en deux semaines et demie. Ce fut un vrai challenge, que j'ai été fier et heureux d'avoir terminé. De plus, elle a rencontré un franc succès, ainsi qu'une couverture médiatique rare dans la peinture. Cette expo de 6 mois a été une extraordinaire expérience avec une superbe équipe. C'est une oeuvre iconique à part.

Quels sont vos projets artistiques à venir ?

Il y aura pas mal de foires internationales.

Voici le programme des expositions à venir :

Galery Lendnine Lendkai 9 - 8020 Graz, Autriche En permanence

• Galerie HEP 13 Rue Clauzel - 75009 Paris En permanence

• Galerie HEP Bruxelles Ouverture Septembre 2019

• Molitor 13 Rue Nungesser et Coli - 75016 Paris, France En permanence

• Art Bunker Gallery Lille, France En permanence

• Gand ART FAIR 26 ❯ 29 Septembre 2019 Flanders Expo

• Salon Art & Passion Hôtel de Guînes - Arras - Du 04 au 06 Octobre 2019

• Salon Arts et Antiquaires 18/10/2019 — 21/10/2019 - Colmar Expo

• Luxembourg ART FAIR 5>8 décembre 2019 LUXEXPO THE BOX

• Art UP Lille Lille Grand Palais Du 5 au 8 Mars 2020

• Galeria Obscura Saint Louis, Missouri, USA Prochainement...

• Art UP Montpellier

Dates à venir Je projette aussi un partenariat avec une marque de vêtements de créateur en France ou à l'étranger, ainsi qu'un beau livre sur les cabines de la Piscine d'Hiver de Molitor (j'y ai peint deux grandes fresques) à Paris à paraître très prochainement. À paraitre également un article et une couverture pour un magazine d'art italien ARS MAGISTRIS en juillet 2019.

Je vous laisse le mot de la fin pour nos lecteurs. Je dirais un merci chaleureux.

Merci pour ces questions originales. J'ajouterai "profitez de vos proches tant qu'ils sont là". J'ai traversé beaucoup d'épreuves, perdu des proches. Je suis toujours obsédé par l'éphémère de la vie et ça se confirme encore plus tôt que je n'aurais pensé. Il faut profiter des petits moments de la vie, arrêter de se plaindre. Ne pas hésiter à réaliser nos rêves, pratiquer une discipline artistique comme vecteur expressif de nos messages.

Voici le lien pour découvrir Thomas Mainardi :

Site internet

https://www.thomasmainardi.com/

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