PASCAL MATHIEU


INTERVIEW PASCAL MATHIEU

"Je suis certainement un inconnu.

Mes heures de gloire datent de quelques années. "

A la terrasse d'un bar au bord du Doubs, l'auteur-parolier et artiste multicartes Pascal Mathieu a la gentillesse de m'accorder quelques instants et de répondre à mes questions. Cet auteur-compositeur-interprète a eu une carrière bien remplie avec des albums, mais aussi des rencontres et des collaborations enrichissantes aussi bien artistiquement qu'humainement. Pascal Mathieu nous parlera de sa passion des mots et de sa dernière rencontre avec l'artiste Enzo Enzo, inoubliable interprète du tube "Juste quelqu'un de bien".

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots pour nos lecteurs ?


Je suis certainement un inconnu. Mes heures de gloire datent de quelques années. J'ai fait mon premier Printemps de Bourges en 1986. J'ai toujours fait des concerts depuis, mais je n'ai pas ressorti d'album depuis 5 ans. J'ai fait 3 albums à titre personnel, mais j'ai eu l'honneur de collaborer en tant qu'auteur sur un paquet d'albums. Ma dernière collaboration en date est avec Enzo Enzo.

Définissez votre univers en 5 mots ?

• Poétique

• Humoristique

• Décalé

• Trash

• Surréaliste

Vous devez réécrire la définition du mot "artiste" adapté à notre époque pour le Larousse. Quel sens lui donnez-vous ?

L'artiste est à notre époque un idéaliste qui perd son temps à essayer de développer des univers culturels, alors que le divertissement semblerait plus approprié.

Quels sont vos projets artistiques à plus ou moins long terme ?

Sortir un nouvel album, qui est prêt. Il me reste à en définir la couleur musicale, ce qui est un gros questionnement. Profiter de la formule ultra légère de mon spectacle actuel pour rencontrer le public le plus possible partout où c'est possible. Continuer à écrire pour d'autres artistes, car c'est un grand plaisir d'entendre mes mots chantés par d'autres.

Vous écrivez donc également pour les autres. Que vous apportent ces rencontres et comment les choisissez-vous ?

En général, ce sont les interprètes qui me choisissent. Ce que j'aime dans cet exercice, c'est le coté profilage. Je me mets dans la tête de l'interprète, l'univers qui peut lui convenir et le lexique, les mots qui peuvent sortir de sa bouche. C'est un tâtonnement au début, mais après ça va plus vite. Je suis en général assez lent dans l'écriture, ce qui peut me poser souci lorsque les interprètes attendent le dernier moment pour passer commande. Je pars après pour un vrai marathon d'écriture, surtout si c'est pour tout un album ou un spectacle. Je vais d'ailleurs collaborer au dernier album des Infidèles.

Qu'est-ce-qui inspire ou influence vos textes ?

Quand j'écris pour moi, je laisse venir les chansons. Je n'ai pas de méthode, pas de loi spécifique. Les mots s'écrivent tout seul, mais il y a des images qui se rencontrent, qui se télescopent et qui racontent une histoire. Parfois, il m'arrive d'écrire sur une thématique. Je me créé alors une banque de mots, une banque d'idées. J'écris généralement plusieurs chansons en même temps, en simultané, généralement une dizaine. Certaines avancent plus vite que d'autres. Je ne jette rien de tout ce que j'écris, y compris les fausses pistes, les choses inabouties. J'ai un dossier appelé "mots orphelins" de 50 à 100 pages et je vais parfois piocher dedans lorsque je sèche ou que je manque d'inspiration. Je trouve le fil et je tire l'idée qui me mène au bout de l'ouvrage. Il y a aussi des chansons qui arrivent presque dans leur intégralité, avec beaucoup de facilité, mais j'avoue que c'est rarissime.

Le génie de la musique vous offre un duo avec l'artiste de votre choix. Avec qui chantez-vous ?

J'aurais adoré faire un duo avec Nougaro. On s'est rencontré, apprécié, mais je n'ai jamais eu l'occasion de chanter avec lui. J'éprouve une vraie fraternité pour cet homme. Je trouve qu'on n'en parle plus assez suffisamment

par rapport à l'énormité de son œuvre.

Quels conseils donneriez-vous à un artiste débutant dans la musique ou à un auteur-parolier ?

De lire beaucoup et des poètes de toutes les époques. De ne pas trop écouter les conseils. De suivre son chemin d'écriture, parce que c'en est un. De ne pas chercher à plaire, car c'est le meilleur moyen de faire de la merde. De trouver son originalité, la chose qu'avant lui personne n'a exploré ; ce qui nécessite de se dégager de ses influences. Et surtout d'imaginer ce que son artiste préféré, celui qui l'a le plus marqué, que penserait cette personne de ses propres écrits.

Pouvez-vous nous raconter votre collaboration avec Enzo Enzo ?

La première fois qu'elle m'a demandé d'écrire pour elle, c'était il y a une quinzaine d'années à Belfort avec Kent, Francis Lemarque et Romain Didier. Elle avait apprécié mon travail sur un opéra pour enfant "Pinocchio court toujours" où elle jouait le rôle de la fée bleue. C'était difficile pour moi ce travail de profilage. Elle savait un petit peu ce qu'elle ne voulait pas, mais pas ce qu'elle souhaitait. Il y a 3 ou 4 ans, elle a chanté deux de mes chansons, dont "la nuit s'éteint". Puis elle a eu un projet de duo avec Laurent Viel. Ils avaient une thématique autour de la famille. A ce moment là, c'était donc plus facile pour moi. J'ai écrit et réécrit les textes de leur spectacle sur une musique de Romain Didier jusqu'à ce que ça colle à leur univers et style vocal. Il y a eu beaucoup de tâtonnement en un temps très court. C'est un immense plaisir pour moi d'entendre mes mots chantés par deux voix si classes et talentueuses et de plus au festival d'Avignon durant tout juillet. "Chacun sa famille" est un spectacle musical caustique et tendre à la fois, ludique et émouvant d'une vingtaine de chansons que vous pourrez découvrir au Cabestan à 15h50 du 6 au 29 juillet sur le thème de la famille, de toutes les familles.

vous laisse le mot de la fin pour conclure cette interview. J'ai eu beaucoup de chance d'arriver dans une période où l'univers poétique était encore quelque-chose qui intéressait les médias. Il y a 25 ans, j'ai eu la chance de faire mon premier Printemps de Bourges et beaucoup de belles rencontres. J'ai eu beaucoup de chance, mais je ne les ai pas toutes saisies, parfois par bêtise ou timidité. J'ai une pensée pour toutes les personnes qui se lancent dans les métiers artistiques, car ce n'est pas évident. Mais en même temps, ça vaut le coup.

Profil Facebook de Pascal Mathie: https://www.facebook.com/pascal.mathieu.5

Page Facebook de "Chacun sa famille : https://www.facebook.com/familleEnzo/

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